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Un lanceur des Highland Games a été retrouvé mort au château de Bressuire, écrasé par le tronc de 71 kilos.

Hyppolite DURIEUX, flic déjanté, enquête...

Si vous n'avez pas lu le premier épisode: Retrouvez le d'un clic

Un midi pile d'anthologie, un des cinq polars déjantés d'Hip Hip Hyppolite

Texte du blogueur, dessins de Kayo

Episode 3: Poulet crapaudine

Le seul problème avec ce retourné exceptionnel avec un tronc de 6m80 et de 71 kilos, ce n’était pas la précision du lancer sur laquelle il n’y avait rien à redire.

DSCN5678C’était plutôt la surprise de découvrir une victime sous un caber de midi-minuit pile.

Ecrasé sous le tronc gisait un athlète de belle corpulence, le nez explosé, les bras en croix, les testicules en capilotade. Il ne ressemblait plus guère à un athlète de belle corpulence, mais plutôt à un poulet crapaudine, cette spécialité que les traiteurs portugais viennent vous proposer dans leur camion enfumé le dimanche après la messe.

Ecrasé contre les grils verticaux, le poulet aplati semble avoir la poitrine en feu et les pattes en croix et il faudrait être sans cœur pour vouloir, sur un tel sujet, sortir des plaisanteries de gallinacées du genre :

-          « Vous connaissez la différence entre une poule et un chapon ? »

-          « Eh bien, il y en a une belle : une poule cha pond alors qu’un chapon, cha pond pas »

Entre le gros volatile écrasé sous le tronc et le poulet crapaudine cuit sur le gril vertical, il y avait aussi une différence de taille : l’écrasé des Highland Games ressemblait plus à un sanglier ou à un hippopotame qu’à un poulet, fût-il de Bresse ou de Bressuire.4K3
Et, au lieu d’être transpercé, il se retrouvait enseveli sous une broche en bois qui ressemblait moins à une brochette de barbecue qu’au pieu d’Ulysse et de ses hommes venant de terrasser dans sa grotte le cyclope Polyphème. Le géant borgne, en prenant le tronc aiguisé dans l’œil, avait été aveuglé. Le lanceur, en le prenant de plein fouet, avait été écrasé.

La vision d'Emmanuel MacTron

Nu sous son kilt sans doute remonté par un vent fripon ou par une rafale complice, la victime avait de la peine à cacher ses attributs sous le tronc protecteur : c’est là qu’Emmanuel MacTron vit tout de suite qu’il avait le service trois pièces explosé. Il se prit même à penser dans un à-peu-près plus que douteux dans ces circonstances tragiques, que l’assassin avait voulu faire d’une pierre deux couilles.

Aux deux boules turgescentes, il ne manquait plus que les guirlandes et les lumières pour faire du tronc décoré un vrai sapin de Noël.

Jamais le premier témoin de cette scène de meurtre n’avait vu deux testicules à la pilosité aussi effrayante. Pourtant il avait déjà vu sur Canal + les vestiaires des équipes de rugby du Top 14 au moment des douches d’après-match quand le caméraman interloqué laisse trainer sa caméra un peu plus bas que ne le veut l’usage.

Mais ces boules-là que Nelson Monfort aurait sans doute comparé à des citrouilles plus qu’à des balles de tennis étaient, sous le tronc, aussi écartées et aplaties que les oreilles du prince Charles par vent de force 8.

Et Dieu sait que ça souffle chez nos amis d’outre-Manche !

Et pas seulement à cause des cornemuses!

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Débordements en tous genres

Ce n’est pas un hasard si je vous parle du prince Charles : c’est un adepte des célèbres Highland Games de Braemar à deux jets de pierre de son château de Balmoral en Ecosse. Et s’il avait souvent vu Braemar, jamais sans doute il n’avait vu un tel braquemard.

Et je ne vous parle pas de son bide (celui de la victime, pas celui du prince) qui devait pourtant avoir été volumineux. Sous le poids du tronc, il était devenu plat comme une crêpe débordant allègrement des deux côtés de la poêle avec une variété de garniture qu’on ne trouve même plus dans les super-complètes concoctées amoureusement en terre bigoudène.

Face au tronc, le seul témoin prit le temps d’apprécier la situation, de faire en quelque sorte un tron(c)binoscope de la victime qu’il voyait de bas en haut.

De pied en cape, de la cave au grenier, l’ancien lanceur débordait de partout, à commencer par les cuissots de sangliers. Au vu du gabarit, je ne vais quand même pas écrire cuisseau comme dans la dictée de Mérimée. L’orthographe en « eau », comme chacun sait, est réservée pour les agneaux et les petits animaux.

C’eût été bien trop tendre pour qualifier les jambons énormes mais tuméfiés, gigantesques mais ecchymosés de notre gros bestiau écrabouillé.

Comme Polyphème, il tenait quand même avec sa taille gargantuesque plus du loup que de l’agneau, plus du mammouth que du mouton. Et je ne vous parle plus de la tête, alouette…

Manu en était à ce degré de réflexion quand trois vigiles, soudain sortis de leur sommeil bercé à la Kronenbourg, arrivèrent sur les lieux du crime. En dépit de leurs uniformes débraillés mal assortis à leurs charentaises, ils fondirent sur lui, tels Charles Martel sur les troupes d’Abd el Rahman en 732 à Moussais-la-bataille.

Le découvreur de tronc les compara même dans une pensée fugace mais fulgurante à des antispécistes se jetant sur un abattoir de volailles ou à des militants L 214 se ruant, telles des furies nourries au tofu végétal, sur la boucherie d’un viandard de quartier.

-          « Eh toi, là-bas, qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne sais pas que c’est interdit !» éructa le mieux réveillé d’entre eux entre deux rots de bière mal digérée.

4K5MacTron trouva que cette présentation matinale avec un tutoiement intempestif inspirait une cordialité douteuse. Mais, vu qu’il portait son gilet jaune afin de ne pas être confondu avec un chevreuil ou un sanglier, il ne s’en offusqua point.

A quoi bon, d’ailleurs !

L’envahissement du château

Il savait que sa quiétude était terminée et que la journée serait longue. La preuve ! Les trois vigiles commencèrent à dégainer de concert leurs portables pour envoyer messages ou appels aux gendarmes.

22, v’la les clics. Leurs doigts boudinaient allègrement sur les claviers pour appeler sans doute la maréchaussée et leurs smart-phones chauffaient.

Le château - d'ordinaire paisible à cette heure-là!- n’allait pas tarder à être envahi…

Après le blog, le bouquin illustré...

Vous pourrez retrouver la suite début septembre dans "Hip, hip, Hyppolite" publié aux éditions écrituriales

Pour les plus pressés: le livre est disponible auprès de l'auteur à partir d'aujourd'hui: alain.cadu@neuf.fr

En attendant, vous pouvez retrouver d'autres extraits du livre avec l'enquête "mieux vaut phare que jamais" sur www.ecrituriales.canalblog.com

Couv Hyppo 1Promo vendéenne:

Hyppolite a fait sa pré-rentrée en Vendée du côté de Sallertaine avec la lecture d'extraits du bouquin dans l'ancienne église romane lors de l'expo du peintre Ioan MARIC

C'est la preuve que peinture et écriture peuvent faire bon ménage!

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